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Droit vs photos de rue

Le droit à l’image a rendu le terrain de la photo de rue très difficile. Du point de vue de la photo amateur, les appareils photos sont devenus omniprésents (GSM, tablettes,…). La diffusion de ces photos, souvent ultra-rapide, n’est pratiquement pas contrôlée (par exemple sur les réseaux sociaux). D’un point de vue pratique, le respect du droit à l’image est pratiquement inexistant. Du côté de la photographie professionnelle, le cadre juridique est devenu tellement strict, qu’une partie de l’esthétique est en train de disparaître. Par exemple, bon nombres de photographes rajoutent volontairement du flou pour que les personnes ne soient pas reconnaissables. Pour ma part, mon travail actuel de photographe, s’inscrit entre ces deux extrêmes.

L’omniprésence de l’univers numérique permet d’avoir facilement accès à une masse importante de photographies. De ce fait, peu de personnes continuent à imprimer leurs photographies. Pourtant, selon moi, ces médias n’offrent aucune garantie quant à la pérennité sur le long terme des photographies. Je reste convaincu que l’édition sur papier est la seule méthode permettant de garantir une œuvre de qualité sur le long terme (impression de photos, édition d’albums ou de livres).

Pour capter l’instant décisif et obtenir une expression naturelle, une grande vitesse d’exécution est nécessaire. De plus, parmi un très grand nombre de prises de vues, seules quelques-unes seront retenues, parfois des mois ou des années après la prise de vue. Demander l’accord écrit de chaque personne photographiée n’est donc pratiquement pas possible. Ma méthode consiste à obtenir un accord visuel après la prise de vue et si cela est possible donner ma carte de visite. Si une personne se reconnaît sur l’une de mes photos, je l’invite à prendre directement contact avec moi. Je m’excuse d’avance de l’effet de surprise que cela pourrait engendrer. Je compte sur le fait que, le contexte dans lequel ces personnes sont représentées,  soit aussi respectueux que possible. J’ai fait le choix volontaire de ne pas m’autocensurer dès le départ.