logo

Philosophie

La photographie est un bon moyen pour se souvenir du temps qui passe, un peu comme un carnet de de voyage, un journal de bord. Elle est un besoin vital, elle est ma drogue à moi. Au lieu d’aller promener mon chien, je me promène avec mon appareil photo. J’aime me promener dans les villes, me fier au hasard des rencontres et rechercher l’instant décisif. Au centre de mes photos il y a la vie et le mouvement. Des moments rares et magiques existent, c’est dire des moments où tous les éléments se combinent pour donner une grande photo. Ce sont ces instants décisifs que je recherche. Dans la mesure du possible, je privilégie la photographie de proximité. L’acte photographique doit se réaliser au quotidien, et commence en priorité près de chez soi, dans son environnement immédiat.

Même si au final je développe mes photos en gris, je trouve important d’être en perpétuel apprentissage des lumières, des couleurs, des formes,… Les villes sont polychromes c’est-à-dire qu’elles ont différentes facettes en fonction des moments où on les regarde et du temps qu’il fait. Je trouve important de continuer à garder un œil neuf sur les choses, de continuellement réapprendre à voir, de regarder les choses suivants différents filtres, de s’inspirer des grands maîtres de la photographie. D’ailleurs, avant d’être photographe, je suis d’abord moi-même un grand amateur de photos, de préférence en gris. Les photographes suivants me sont particulièrement chers : Jean Dieuzaide, Sebastião Salgado, Robert Doisneau, Henry Cartier Bresson, Ronis, Izis, Boubat, Elliott Erwitt, Robert Capa, Marc Riboud , Werner Bischof, Roger Ballen, Franco Zecchin, Joseph Koudelka, W Eugene Smith, Ferdinando Scianna, Gianni Berengo Gardin, William Klein, Umbo, Atwood, Martine Franck, Weegee, Julia Pirotte, Ara Güler, Sabine Weiss, Nick Brandt, Chema Madoz, Herbet List,…Martin Parr, Mr Curry,… Lorsqu’une certaine lassitude s’installe et que l’envie de réaliser des prises de vue n’est plus là, je reste toujours très attaché à la photo. Je continue toujours à m’intéresser aux photos des autres.

Pour l’instant, pour développer mes photos, j’ai choisi la gamme des gris, communément appelé noir et blanc. J’aime le gris pour son côté épuré car il permet de se concentrer sur l’essentiel. J’aime le gris pour son côté intemporel. Est-ce que mon goût pour les gris est un besoin intrinsèque à mon cerveau ? Est-ce que c’est la longue histoire de la photographie qui a façonné mon goût pour les gris ? Je photographie essentiellement au moyen d’un objectif 50mm. L’esthétique qui en résulte, procure un bon équilibre entre les flous et permet de cadrer plus serré. Durant toute une période, j’ai essayé de travailler au 35mm mais je n’ai pas eu les résultats escomptés. J’ai d’ailleurs appelé cette période ma crise du 35mm.

Paradoxalement, je n’aime pas me faire photographier. J’ai la croyance que l’anonymat et la discrétion sont nécessaires pour réussir des instantanés.

La photographie est également une activité très chronophage. Les prises de vue demandent beaucoup de temps. Le temps nécessaire à la sélection des photos a également beaucoup augmenté parce que le nombre de prises de vues est devenu plus important qu’avant. A cela, il faut rajouter le temps de développement …

Je fais le vœu que l’une ou l’autre de mes photos puisse passer l’épreuve du temps. Et peut-être que certaines d’entre-elles acquerront au fil du temps une valeur historique.